Nous voilà tous parachutés à Châtel ce vendredi. Je n'ai pas cru au message vers minuit : on arrive ! Vu le raffut que ça faisait dans la rue j'ai bien été obligé d'y croire : ça causait fort ! Direction le bar d'à côté pour boire un coup, le dernier, promis !
Faut dire que les 16 places ont étés retenues depuis longtemps par ceux qui connaissaient, et par ceux chez qui le virus s'est répandu. Tension maintenue tout au long de l'année pour quelques heureuses victimes en plus : Pascale, Nico, David, Lionel et Sandy. Voilà de la motivation au club. Découvrir et faire partager.
Haro sur les inscriptions dès la mise en ligne ! Moteur, gaz, poussière.
Samedi matin un petit tour au salon où Pascale a pu approcher Anne-Caro Chausson. Ah ben oui quand même ça fait plaisir de voir que nos champions vététistes ne se pètent pas la tête. Que ce soit Barel, E.T. ou Absalon, ils sont abordables et d'une réelle simplicité.
A midi pétante chacun était au bike-park pour casser la croûte vite fait… pour ceux qui pouvaient s'alimenter... Voici le staff dans l'ordre d'arrivée à l'apéro : Jean-Marc, Benjamin, Laurent, Eric, Stéphane, Yoann, Sandy, Nico, Pascale, Manu, Christophe, Philippe, Lionel, David, Nicolas et Renaut. Bière, pâtes bolo, un coup de pied au cul et c'est la première montée. Beau et chaud ! 35°!!!
On se perd sur la première piste qui a été modifiée, alors qu'on voulait faire facile pour mettre Pascale dans le bain.
Tout de même, la première descente reste pour chacun un moment bizarre. Avec nos carapaces, le souffle court, la pente sous les crampons, personne ne fait le malin. Réglages. A la deuxième descente c'est déjà mieux : c'est la guerre et les cris dans les relevés. A la troisième le mal est fait, on est condamné volontaire à tourner en boucle tel le hamster jovial. Misters Gaga.
Intermèdes mécaniques : chacun passe à la caisse selon le degré de préparation de son vélo et les aléas du terrain : pneu tubeless fendu, freins qui lâchent (plaquettes pas changées, freins mal purgés), selle qui descend, pneus trop gonflés. Pas de catastrophe. Mais là où nos vélos pouvaient supporter quelques extras, dans nos contrées champenoises, ici c'est franco de port : vélo pas au point ou pas révisé (ou mal révisé), c'est la faute directe. Moins excusable sur les vélos de location du cru.
Après quelques heures, 38 km, et avant d'être rincé, on lâche l'affaire. Direction les appart. Bière sur terrasse, puis pizzéria "avec l'eau chaude en bouteille".
Dimanche 5 heures du matin : un orage vite fait bien fait. 7 heures : on arrache les packs. Vu le bide du sac offert l'an dernier (truc infâme en plastique pourri) nous apprécions tous le superbe camel back. Ils ont du recevoir le message, les lapins.
8 h : chaud devant ! A nous les pistes ! On laisse l'option Torgons de côté encore cette année et on file à Morgins. Pose/pause obligées pour Yoann avec photo devant un troupeau de vaches.
Le superbe panorama suisse est totalement pris par la brume et on hésite à se lancer tellement on n'y voit rien. Mais que dalle alors ! Dans le télésiège le plus leeennnt du monde (prononcez avec l'accent local) on n'y voit goutte : devant comme derrière on voit seulement des cables et on se prend à penser (sauf les noms d'oiseaux en écho...) qu'on va tout droit au ciel. Le soleil réapparaît enfin. On court-circuite Champéry en empruntant une piste de four-cross très joueuse, puis une descente typée DH. L'entrainement de la veille au bike-park prend tout son sens ! Quelques ennuis mécaniques plus tard on descend sur les Lindarets par une piste déjà roulée la veille, au lieu de suivre la trace trop directe des Passportes.
Yoann nous raconte au repas qu'il était perturbé en changeant de chambre sur sa dernière crevaison ; dans le fossé d'à côté un type s'était dézingué la clavicule avec fracture ouverte et braillait sa souffrance le temps que les secours remontent le chercher. Pas d'hélico : trop couvert, pas de 4 x 4 : chemin impraticable… et pas de pelle : camel back plein ! Attendre, attendre, attendre...
La suite, Avoriaz en plein brouillard, la superbe et longue descente sur Morzine, puis les Gets sans la piste de DH.
On peut regretter que les Passportes jouent facile ou trop facile en faisant emprunter des chemins un peu cons, ou sans intérêt pour causer poliment, alors que l'on passe à proximité de singles fabuleux qui mènent au même endroit. Avec le temps on connait un peu mieux et on se permet de shunter !
Merde, il pleut et fait froid d'un coup !
Retour sur Morzine, Les Lindarets, et on redescends par la Panoramic, piste très joueuse, un régal. Et là encore pour l'avoir pratiquée la veille deux fois, ça va nettement mieux, même sous la flotte. Plaine Dranse : trois d'entre nous choisissent de rentrer par le bike-park puis la route. Alors pas d'abattement, on se télésiège encore et je crois que ce sera cette partie, la finale, qui laissera le plus de souvenirs pour beaucoup.
Je pose l'ambiance : vieux temps gris et fraicheur d'altitude, pluie continue et coups de vent en haut du télésiège. On s'est fait rincer dans la montée. Le temps que la douzaine de vélo/vététiste débarque, certains se les gèlent et se planquent comme ils peuvent des intempéries. Les impers des mieux équipés sont détrempés. Nos fringues sont trempées. Il y a longtemps que nous avons abandonné les lunettes et les bandeaux trop sales pour voir clair. Comme les caméras pour filmer. Renaut sort frigorifié et en jurant.
On se lance. Il reste environ 6 km. Tout de suite une plaque de neige sale nous piège et nous oblige à prendre sur la gauche dans un champ de boue qui rappelle les meilleures glaises de chez nous. Eparpillement général et chacun tire sa route au mieux. Le Manu se gauge juste devant ma roue. Un beau plat ! Il est beau le mannequin de chez Poc ! Il se sort de la colle indemne mais il est repeint et d'une sacré bonne couche.
Plus rien ne peut nous arrêter de toute façon, genre invincibles ! Des vrais warriors !
La descente se fait ensuite sur du chemin mouillé mais bien dur. Malgré tout : pas de glissade, l'accroche reste très bonne et on descend très vite. On est tous repeints de boue et nos vélos ont également la même couleur. On se fait moucheter la bouille à chaque tour de roue. Et quand on peut poser ses fesses, la selle est glissante, recouverte aussi de boue. Peu importe, on envoie le pâté, bon sang quelle bonheur d'être là et de filer quinze noeuds sans crainte sur ces petits sentiers de forêt au profil descendant. Les conditions importent peu maintenant, on a dépassé ce stade. On fait une étape le temps de récupérer tout le monde.
On est dans dans un état lamentable jamais vu dans aucune sortie. Renaut est congelé et tremble comme une feuille. Manu arrive dans le même état. Ca rigole fort le temps du pipi un peu agité de ces messieurs ! On repart, on dirait une armée des ombres, les cavaliers de l'apocalypse, un remake du seigneur des anneaux ! Tous à toc pour laisser nos dernières forces et profiter encore de cette excellente partie du tracé : un régal dans la bonne humeur et la déconne. Déjà la fin ? Mince ! A l'arrivée Pascale nous shoote : voyez les photos !
Vive les Passportes 2012 ! Vivement les Passportes 2013 !!!